L’heure est venue de traiter d’un sujet plus grave et dont on a peu parler jusqu’à présent. Nous venons d’apprendre que le gouvernement kenyan a approuvé une proposition visant à transformer 20.000 hectares du delta du Tana en plantation de canne à sucres.

Le delta accueille 350 espèces d’oiseaux, des félins, des éléphants, des reptiles et des espèces rares de requin. Toutes ces espèces, ainsi que de nombreux oiseaux passants par le delta lors des migrations sont désormais menacés par des plantations de cannes à sucres qui risquent d’assécher le delta et les zones adjacentes nécessaires à son irrigation.

Un rapport commandé en mai par le Nature Kenya et le RSPB (Royal Society for the Protection of Birds) constate que le plan de développement des sucriers surestime les profits et ignore la gestion de l’eau ainsi que la pollution générée par l’usine de canne à sucres. Ce rapport montre également que dans le plan, les revenus apportés par le tourisme sont totalement négligés. En effet, il est montré que les revenus estimés de la plantation de la canne à sucre serait de l’ordre de 2,45 millions de dollars sur 20 ans alors que les revenus perdus par la pêche, l’agriculture locale, le tourisme et les autres moyens de subsistance dans la région seraient de l’ordre de 59 millions de dollars US pour une période équivalente.

Une véritable catastrophe écologique se prépare dans cette région du Kenya pour finalement bien peu de bénéfices. Une fois de plus les intérêts économiques de certains sont privilégiés au détriment de la biodiversité et des populations locales. Espérons que la mobilisation soit assez forte pour faire changer la décision du gouvernement kenyan.

Source de l’info : BirdLife International.

JP