Le blog de la photographie animalière en Afrique

jeudi 17 juillet 2008

Kenya : l’assèchement du delta du Tana pour bientôt ?

L’heure est venue de traiter d’un sujet plus grave et dont on a peu parler jusqu’à présent. Nous venons d’apprendre que le gouvernement kenyan a approuvé une proposition visant à transformer 20.000 hectares du delta du Tana en plantation de canne à sucres.

Le delta accueille 350 espèces d’oiseaux, des félins, des éléphants, des reptiles et des espèces rares de requin. Toutes ces espèces, ainsi que de nombreux oiseaux passants par le delta lors des migrations sont désormais menacés par des plantations de cannes à sucres qui risquent d’assécher le delta et les zones adjacentes nécessaires à son irrigation.

Un rapport commandé en mai par le Nature Kenya et le RSPB (Royal Society for the Protection of Birds) constate que le plan de développement des sucriers surestime les profits et ignore la gestion de l’eau ainsi que la pollution générée par l’usine de canne à sucres. Ce rapport montre également que dans le plan, les revenus apportés par le tourisme sont totalement négligés. En effet, il est montré que les revenus estimés de la plantation de la canne à sucre serait de l’ordre de 2,45 millions de dollars sur 20 ans alors que les revenus perdus par la pêche, l’agriculture locale, le tourisme et les autres moyens de subsistance dans la région seraient de l’ordre de 59 millions de dollars US pour une période équivalente.

Une véritable catastrophe écologique se prépare dans cette région du Kenya pour finalement bien peu de bénéfices. Une fois de plus les intérêts économiques de certains sont privilégiés au détriment de la biodiversité et des populations locales. Espérons que la mobilisation soit assez forte pour faire changer la décision du gouvernement kenyan.

Source de l’info : BirdLife International.

JP

mardi 1 juillet 2008

Nikon D700

La rumeur se faisait de plus en plus pressante... Certains l’annonçaient pour début juillet, d'autres pour le mois d'aout, d'autres encore en automne pour la Fotokina. Finalement, les premiers avaient raison ! Ce 1er juillet, le D700 a été annoncé officiellement.

Un reflex de plus, vous allez me dire. Oui bien sûr, mais il s'agit du premier reflex expert au format FX de la célèbre marque au logo jaune (un peu l'équivalent chez les rouges du 5D). Après l'arrivée du D3, l'automne dernier, Nikon confirme donc sa stratégie d'investir dans des capteurs au format 24x36 et cela au détriment des capteurs DX (du moins au niveau de la gamme pro et expert).

Du côté des avantages de ce type de boitier, il y a bien sûr, la possibilité de retrouver de vrai grands angles comme au temps de l'argentique mais aussi une profondeur de champ plus faible qui donne, en général, un aspect plus agréable sur les photos. Pour nous, photographes animaliers, cet appareil nous semble, à priori, moins intéressant car il perd son facteur de grossissement 1,5 et nécessite donc de passer à de très longues focales, très couteuses et très encombrantes. Tout le monde sachant très bien que la focale est un facteur très important dans ce domaine particulier qu'est la photographie animalière. Qu'a cela ne tienne, le format FX a aussi ses avantages, notamment dans les hautes sensibilités ou n'il pas d'égale en format DX. Cette capacité à monter dans les ISO peut être un facteur déterminant en animalier. N'oublions pas qu'en Afrique, les plus belles photos se font en début et en fin de journée, à un moment où la lumière nous empêche d'avoir des vitesses suffisantes pour obtenir de belles photos bien nettes. Alors, pour ou contre, le capteur FX, en animalier ? Je crois que les deux types de capteur ont leurs avantages et leurs inconvénients. L'idéal étant, si le budget le permet, de pouvoir jongler entrer les deux types de boitier suivant les besoins du moment.


Du côté des caractéristiques, il s'agit ni plus ni moins d'un D300 doté d'un capteur CMOS FX 12,1 millions de pixels avec une plage ISO variant de 200 à 6400. Chose rare, Nikon nous propose d'ailleurs un grip compatible entre ces deux boitiers. En effet, c'est le MB-D10 qui sera également utilisé sur le D700. La prise de vue en continu est de 5 photos par seconde (8 photos par seconde avec le grip MB-D10 et un accu EN-EL4a ou 8 piles AA). La présentation ne nous dit cependant pas si c'est en 12 bits ou 14 bits. Au niveau AF, c'est le système Multi-CAM3500FX AF 51 points qui équipe cet appareil (le même que celui du D3). Mais tout cela va très certainement être détaillé en long et en large par la presse spécialisée dans les prochains jours. On attend les samples et surtout les tests sur le terrain avec grand impatience.

Du côté des choses qui fâchent, il y a bien entendu le prix : 2800 € (sous toute réserve). Prix qui semble cependant assez raisonnable vu le taux de déchet à la fabrication des capteurs 24x36. Mais gageons que cela devrait diminuer dans les mois à venir lorsque les premières livraisons (fin juillet) auront eu lieu. Notons aussi, que c'est un peu plus de la moitié du prix d'un D3.

Pour plus d'infos : Nikon

JP